It's time for child care for all - Des services de garde éducatifs pour tous

La grave pénurie d’éducatrices et d’éducateurs à la petite enfance qualifiés au Canada est un obstacle majeur à la réalisation de la promesse du gouvernement du Canada de bâtir un système de services de garde à l’enfance de qualité à dix dollars par jour et accessibles à tous les jeunes enfants, soutient Un enfant Une place, l’association nationale de promotion et de défense des services de garde au Canada.

Dans une lettre ouverte adressée aux ministres fédéral, provinciaux et territoriaux responsables de l’apprentissage et de la garde des jeunes enfants au Canada, dont la publication coïncide avec leur réunion du 12 juillet 2022 à Burnaby en Colombie-Britannique, Un enfant Une place reconnaît les progrès rapides réalisés par les gouvernements afin de réduire les tarifs demandés dans les services de garde à l’enfance réglementés au pays. Toutefois, maintenant que les services de garde sont plus abordables, la demande augmente et si les gouvernements ne prennent pas des mesures efficaces pour accroître l’offre, l’objectif de rendre les services de garde plus abordables et plus accessibles pour tous ne sera pas atteint.

« À ne pas en douter, le recrutement et surtout la rétention d’éducatrices et d’éducateurs à la petite enfance qualifiés sont un énorme obstacle à l’expansion de services garde réglementés non seulement offerts à prix abordable, mais également accessibles dans toutes les collectivités, a dit Morna Ballantyne, directrice générale d’Un enfant Une place. La crise de la main-d’œuvre s’aggravera sans aucun doute si les gouvernements n’augmentent pas les salaires extrêmement bas versés dans le secteur et s’ils n’instaurent pas de régimes d’avantages sociaux décents ».

Un enfant Une place soutient que même si tous les gouvernements ont reconnu le problème bien réel du recrutement et de la rétention d’éducatrices et d’éducateurs qualifiés, les mesures disparates mises en œuvre jusqu’à maintenant, notamment les subventions salariales ponctuelles dans certains cas, sont insuffisantes dans le contexte d’une inflation élevée et d’un marché du travail hautement concurrentiel à l’extérieur du secteur. Selon les défenseurs des services de garde, il faut une stratégie de main-d’œuvre globale et soutenue par des fonds publics suffisants pour assurer que la valeur du travail accompli est reconnue et rémunérée à son mérite.

« Nous nous réjouissons de la rencontre que tiennent les ministres cette semaine. Nous les invitons à accepter de travailler ensemble et en collaboration avec le secteur des services de garde et les défenseurs du réseau pour s’attaquer aux obstacles qui empêchent le développement de nouveaux services de garde réglementés, a dit madame Ballantyne. À vrai dire, les obstacles ne sont pas très différents d’une province et d’un territoire à l’autre. Il y a une pénurie de services de garde réglementés partout. Partout, l’accès est inéquitable. Et partout, il manque d’éducatrices et d’éducateurs à la petite enfance qualifiés ».

Dans sa lettre ouverte, Un enfant Une place demande à tous les gouvernements d’agir de manière déterminée afin de mettre en place de nouveaux services de garde à but non lucratif et publics. L’organisme leur demande d’adopter des mesures spéciales afin d’accroître substantiellement l’offre de services inclusifs aux populations et dans les collectivités qui ont peu ou qui n’ont pas accès présentement à de tels services.

On peut lire dans la lettre : « Nous faisons valoir que la construction d’un système d’apprentissage et de garde des jeunes enfants ne peut plus dépendre de “demandes de propositions” visant à combler les lacunes entre la demande et l’offre de services de garde réglementés. Un système financé à même les fonds publics adapté aux besoins et transparent exige une participation plus grande et concertée de la part du gouvernement à la création et la prestation des services. Il est impératif d’abandonner l’approche marchande utilisée dans le passé qui s’est avérée un échec. La transformation des services éducatifs et de garde à l’enfance ne sera pas possible sans une participation publique plus active au chapitre de la gestion de l’offre ».

La lettre réitère cette demande d’Un enfant, Une place, à savoir que les transformations au chapitre de l’apprentissage et de la garde des jeunes enfants respectent les droits et les champs de compétences des Premières Nations, des Métis et des Inuits, y compris, mais sans s’y limiter, les obligations fondées sur les distinctions définies dans le Cadre d’apprentissage et de garde des jeunes enfants autochtones.

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